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Les consommateurs de drogues injectables ne doivent pas être laissés de côté

Des appels à renouveler les efforts pour la réduction de la transmission du VIH et de l'hépatite C chez les consommateurs de drogues injectables ont été lancés à l'occasion de la partie thématique de la 35e réunion du Conseil de coordination du Programme (CCP) de l'ONUSIDA, qui s'est tenue à Genève, en Suisse, le 11 décembre.

Parmi les intervenants de cette partie thématique, Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération helvétique, un membre de la Commission mondiale sur la Politique des drogues, Efi Kokkini, Présidente de l'Union grecque des usagers de drogues et de produits de substitution, ainsi que des représentants des États membres des Nations Unies et d'organisations telles que l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, l'Organisation mondiale de la Santé et la Banque mondiale.

Les principaux problèmes associés au VIH et à la consommation de drogues injectables ont été soulevés, en particulier les opportunités et les obstacles à la mise en œuvre de stratégies de réduction des risques. Des exemples présentés par plusieurs pays ont mis en avant des partenariats entre les gouvernements et la société civile qui ont donné des résultats positifs dans la réduction de la transmission du VIH chez les consommateurs de drogues injectables.

« Nous devons examiner ce qui a échoué et ce qui peut être fait différemment », a déclaré le Directeur exécutif de l'ONUSIDA Michel Sidibé. « Parvenir à l'objectif 90-90-90 ne sera pas possible sans réduire les nouvelles infections à VIH chez les consommateurs de drogues injectables ».

M. Sidibé a expliqué qu'il avait été témoin de nombreux programmes efficaces de réduction des risques dans le monde, en soulignant que ce sont ceux qui permettent aux consommateurs de drogues injectables de faire partie de la solution qui ont le plus d'impact. Il a indiqué que la session extraordinaire de l'Assemblée générale des Nations Unies sur le problème mondial de la drogue qui aura lieu en 2016 est considérée par une majorité comme un événement capital qui offre une opportunité essentielle de réorienter et réformer les politiques mondiales et nationales afin de réduire l'impact négatif des drogues sur la santé publique.

Dans le cadre de sa contribution au débat, Mme Dreifuss a estimé que la politique internationale de lutte contre la drogue sur plusieurs décennies avait échoué. Elle a déclaré qu'il fallait repenser de façon radicale les politiques et bâtir des solutions pratiques qui respectent les droits humains et donnent des moyens aux personnes les plus touchées.

Les participants au CCP ont pu entendre une intervention passionnée de Mme Kokkini, qui a constaté que les consommateurs de drogues injectables sont souvent exclus des services de prévention et de traitement du VIH. Elle a également indiqué que la classe politique continue même de nier la consommation de drogues injectables chez les personnes incarcérées.

Le milieu carcéral est particulièrement significatif dans le problème du VIH et de la consommation de drogues. Dans certains pays, la prévalence du VIH chez les détenus peut être 50 fois supérieure à celle au sein de la population générale, et la consommation de drogues injectables reste un problème constant dans les établissements pénitentiaires. Pendant les débats, les participants au CCP ont appris que les traitements substitutifs aux opiacés à base communautaire, là où ils sont mis en œuvre, étaient six fois plus efficaces et douze fois moins onéreux que les programmes organisés par l'administration pénitentiaire.

Le Major Gairat Rakhmanov, officier supérieur de police au Kirghizistan impliqué dans les traitements à base communautaire destinés aux détenus libérés, a expliqué que la participation des services de police et pénitentiaires était essentielle pour aider les consommateurs de drogues injectables à rester en vie. Des intervenants du Département de la Santé et du Programme aiguilles-seringues piloté par des pairs de l'État de New York ont expliqué comment New York a réussi à stopper et contrer l'épidémie de VIH entre 1992 et 2002.

D'autres participants venus d'Iran, de Malaisie et de Tanzanie ont présenté des partenariats avec différentes autorités, mais chacun a insisté sur la nécessité d'impliquer les consommateurs de drogues injectables à tous les stades de la planification, de la conception et de la prestation des services qui leur sont destinés.

On estime actuellement le nombre de consommateurs de drogues injectables à près de 12,7 millions dans le monde, dont environ 1,7 million vivraient avec le VIH.



Source :UNAIDS
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